Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LOSAKO
Publicité
2 avril 2007

Le drapeau angolais flotte en territoire congolais !

La « Commission Lumbala », baptisée telle parce qu’elle a été dirigée par le député Roger Lumbala, vient deangolapresid regagner Kinshasa. Elle s’apprête à déposer son rapport au bureau de l’Assemblée nationale qui devra convoquer une plénière dans 10 jours. Le récit de notre envoyé spécial n’engage pas la commission d’enquête. Sans anticiper sur la décision de la plénière, celui-ci rapporte que le drapeau angolais flotte à la hauteur de la borne 21. Précisément à Shakadiata, un des villages du territoire de Kahemba, dans la province du Bandundu. Donc, en territoire congolais.

LE POTENTIEL

La délégation de la Commission d’enquête parlementaire, dirigée par le député Roger Lumbala, a regagné Kinshasa depuis hier dimanche 1er avril, en provenance de Kahemba, dans la province du Bandundu. Elle s’ y était rendue à la suite de la décision prise par la plénière du lundi 19 mars de l’Assemblée nationale aux fins d’enquêter sur la présence ou non des forces armées angolaises en territoire congolais.

L’on se rappellera que depuis le 29 janvier 2007, il est fait état de l’incursion des militaires angolais sur le territoire congolais, dans la province du Bandundu et plus précisément dans le territoire de Kahemba. Ces hommes en arme auraient créé une psychose dans le chef des populations locales des villages du groupement Shayimbwanda. Une délégation de députés ressortissants du Kwango était descendue sur place en vue de faire l’état des lieux. Au terme de sa mission, elle avait confirmé la présence des militaires angolais sur le territoire congolais.

Cependant, dans sa déclaration à la presse, le ministre d’Etat chargé des Affaires intérieures, Denis Kalume, avait démenti cette information en soulignant qu’ il ne s’agit ni d’une quelconque occupation ni d’une incursion des militaires angolais sur le territoire congolais. Face à cette situation confuse qui touche à l’intégrité du territoire national, l’Assemblée nationale a, au cours de sa plénière du lundi 19 mars 2007, mis sur pied une commission spéciale chargée de se rendre à Kahemba en vue de vérifier la matérialisation des faits.

A cette commission composée de seize députés nationaux, on a adjoint quelques experts qui devaient assister la commission sur le plan technique, surtout quand il s’agit de prélever des coordonnées géodésiques. «La Commission Lumbala » a donc quitté Kinshasa le jeudi 22 mars 2007 à 11 h 00. Après deux heures de vol, elle a foulé le sol de Kahemba à 14 h 00. Aussitôt arrivés sur le lieu, les membres de cette commission se sont rendus chez l’administrateur du territoire de Kahemba pour de plus amples renseignements.

OCCUPATION DES MILITAIRES ANGOLAIS

Pendant deux jours, selon notre envoyé spécial, la « Commission Lumbala » a eu, tour à tour, des échanges fructueux avec les chefs coutumiers de Kahemba, les responsables de différents services publics de la place ainsi que les membres de la société civile, y compris l’abbé curé de la mission catholique Notre-Dame de Shamusenge. Au menu de leur entretien, un seul point a constitué la préoccupation de tout un chacun : la situation désolante qui prévaut à la frontière et particulièrement dans le groupement de Shayimbwanda, de la chefferie Muamushiku. Au total, il compte treize villages, dont trois sont occupés par les militaires angolais, notamment Shayimbwanda, Shakadiata et Shahono.

Interrogés par la presse sur la situation qui prévaut dans leurs groupements, tous les chefs coutumiers de Kahemba ont confirmé que les Angolais ont violé le territoire congolais. Pour eux, depuis le découpage de l’Afrique en 1885 à la Conférence de Berlin, ces frontières sont restées telles quelles. Elles n’ont jamais été violées. « Depuis des décennies, nous sommes recensés par l’Etat congolais. Tout récemment, lors de dernières élections organisées en République démocratique du Congo, nous nous y sommes enrôlés et avons voté pour nos députés ainsi que pour le chef de l’Etat actuel », ont-ils soutenu. Avant d’indiquer qu’au cours de l’histoire, chaque fois que les militaires angolais ont essayé de pénétrer en RDC par cette frontière, les autorités congolaises les en ont toujours empêchés.

« Nous ne sommes pas prêts à céder une seule partie de nos frontières aux Angolais. Nous sommes chez nous. Nous voulons voir celui qui a déclaré que les Angolais sont chez eux. C’est un traître », ont martelé les chefs coutumiers devant les membres de la « Commission Lumbala ».

Ils attendent les résultats de la « Commission Lumbala » à travers l’Assemblée nationale qui va se prononcer sur cette question d’actualité. Les chefs coutumiers ont affirmé, par ailleurs, que depuis la colonisation jusqu’à ce jour, les villageois du groupement Shayimbwanda ne se sont jamais déplacés vers l’Angola. Ils continuent à occuper leur espace géographique sur le territoire congolais. De leur côté, les membres de la société civile auditionnés abondent dans le même sens que les chefs coutumiers. Ils ont fait remarquer à la commission parlementaire que parmi les bornes érigées par les colonisateurs, il en est celles qui sont géologiques. « Il faudra dès lors y faire attention », ont-ils averti.

Quant aux responsables de différents services publics, ils estiment qu’il est important de revoir les bornes frontalières en prélevant des données géodésiques afin de fixer les uns et les autres. Car, font-ils remarquer, la situation est confuse. Ils ont été contestés par les chefs coutumiers ainsi que la société civile. L’administrateur du territoire de Kahemba reconnaît, lui, que le groupement Shayimbwanda se trouve sur le sol congolais.

Après l’audition des uns et des autres, la « Commission Lumbala » a été bloquée dans la poursuite des investigations à mener à la frontière de Kahemba. Parce qu’il fallait à tout prix palper du doigt les réalités sur place dans la mesure où les sites querellés se trouvent à plus de 150 km de la cité de Kahemba, dans une zone marécageuse et montagneuse. L’accès y est difficile, faute de routes. L’hélicoptère prévu pour faciliter le déplacement des membres de la commission était tombé en panne. Toutefois, deux jours plus tard, le chef de l’Etat est venu à la rescousse de la commission en dépêchant à Kahemba son hélicoptère personnel qui a permis à ses membres de se rendre à la frontière. Cette commission a éclaté en trois sous-commissions. Le premier groupe s’est rendu à la borne 23 située au village Kadibala dans le groupement Shakasumbi. A cette borne, le problème ne se pose pas. Seulement, à une 1h 20 de marche de cette borne, les Angolais se trouvent à la rivière Lelemo située sur le territoire congolais. Ils empêchent les villageois d’accéder à leurs champs.

Quant au deuxième groupe, il est allé à la borne 20. Cette dernière n’a pas été localisée. Elle est située sur la rive gauche de la Lushika sur le chemin de Lushiko Bel Horizon. A cause du mauvais temps et des orages, le pilote n’a pas pu localiser cette borne. Les membres de ce groupe ont été déposés à Shakombe, village environnant de Shayimbwanda. Mais des coordonnées prélevées à partir de l’hélicoptère indiquent 7°, 0004 d’altitude.

Enfin, le troisième groupe a été déployé à la borne 21 qui se trouve sur la rive gauche, près de la source de Kakamba sur le chemin longeant la frontière. Ici, les coordonnées géodésiques prélevées sur cette borne indiquent 7° 0005 de latitude et 1949102 de longitude. D’après ces données, nous sommes au Nord sur le territoire congolais.

LE DRAPEAU ANGOLAIS FLOTTE A SHAKADIATA

Les Angolais ont hissé le drapeau dans la brousse, à côté du chemin qui longe la barrière au Nord de la borne 21, à quelque 100 m de la borne, à l’intérieur de la République démocratique du Congo. C’est sur ce le chemin qui longe la frontière telle que tracée par les colonisateurs que les Angolais ont érigé leur barrière. Ce chemin mène à Shayimbwanda, dans le territoire congolais. Les villageois peuvent passer par cette barrière après un contrôle sérieux. Il y a un refus catégorique aux officiels de franchir cette barrière en commençant par le chef de centre de Shayimbwanda lui-même qui se voit priver de ses libertés dans son territoire. Même la commission parlementaire a été empêchée par les militaires angolais d’accéder au village Shayimbwanda.

CONDITIONS HUMANITAIRES PRECAIRES

Il est important de souligner que toutes ces populations des groupements frontaliers de la chefferie Muamushiku vivent de la cueillette des chenilles et de la chasse. Les villageois de Shayimbwanda se ressourcent en eau potable à la rivière Kakamba occupée par les Angolais. Ce village étant sous occupation des militaires angolais, toutes ces populations ne savent à quel saint se vouer. Elles vivent un cauchemar.

Des problèmes d’ordre humanitaire se posent avec acuité dans ce groupement. Car, ici il n’existe qu’une seule école primaire avec plus ou moins 100 élèves. Actuellement, cette école est fermée à cause de la présence de ces militaires.

D’après les renseignements recueillis sur place auprès des services de l’Agence nationale de renseignements (ANR), la population de Shayimbwanda, évaluée à plus ou moins 100 familles, compte pour le moment plusieurs déplacés dont le chef de groupement Shayimbwanda . Pour des raisons de sa sécurité, il est présentement à Kahemba. Il y a aussi le chef de l’ANR, le chef de poste d’encadrement ainsi que leurs familles qui sont également en déplacement à cause de cette occupation angolaise. Signalons en passant que le responsable de la Direction générale de migration (DGM) et plusieurs familles sont allés se réfugier à Shashidi, village environnant.

Pour rappel, le groupement Shayimbwanda compte treize villages dont quatre sont occupés par les militaires angolais. Ils se sont, pour la plupart, éparpillés dans la brousse. C’est une population qui est coupée de la vie nationale. Il y a ni pharmacie ni boutique Depuis la colonisation, le groupement Shayimbwanda a toujours appartenu à la République démocratique du Congo, soutiennent tous les témoignages recueillis.

Voilà les faits tel que vécus par notre envoyé spécial, Médard Muyaya, qui était dans la délégation. La balle est désormais dans le camp de la plénière de l’Assemblée nationale. Elle devra apprécier le rapport de sa commission et statuer une fois pour toutes en formulant des recommandations qui s’imposent au gouvernement. De manière à mettre un terme à cette affaire de Kahemba qui divise l’opinion congolaise.

Publicité
Commentaires
Publicité
Archives
Publicité
LOSAKO
  • Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Catégories
Publicité
Publicité