L'opposition rencontre des conseillers du président Kabila
Des députés de l'opposition en République
démocratique du Congo (RDC) ont eu jeudi à Kinshasa une "réunion p
réparatoire"
avec des conseillers du président Joseph Kabila, qu'ils doivent rencontrer dans
les prochains jours, a-t-on appris auprès de l'un deux.
"Nous avons eu une réunion préparatoire avec des conseillers du président. Nous avons présenté nos différentes revendications, qui portent sur les questions sécuritaires, le climat politique actuel et les questions relatives aux médias (de l'opposition)", a déclaré à l'AFP Thomas Luhaka, député du Mouvement de libération du Congo (MLC).
Les députés du MLC, principal parti d'opposition dirigé par Jean-Pierre Bemba, adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006, et ceux de deux autres formations, les Chrétiens démocrates et l'Ordre des démocrates républicains (ODR), auraient dû être reçus ce jeudi par le chef de l'Etat.
Deux élus de chacune de ces formations se sont finalement entretenus pendant plus de 2H30 avec Me Nkulu Mitumba, ministre d'Etat rattaché à la présidence, Marcellin Cishambo, conseiller politique de M. Kabila, et le député Guillaume Samba Kaputo, conseiller spécial du chef de l'Etat en matière de sécurité.
"La rencontre s'est très bien passée, dans un bon esprit. Nous avons abordé les problèmes point par point. Nous attendons maintenant que le chef de l'Etat fixe la date de la rencontre prévue", a indiqué M. Luhaka.
Cette rencontre avait été obtenue par le MLC, après 12 jours de boycottage des séances de l'Assemblée nationale.
Les députés du MLC, rapidement rejoints par ceux des deux autres groupes parlementaires d'opposition, réclamaient notamment des garanties pour leur sécurité, à la suite d'une série de perquisitions musclées et de menaces visant plusieurs d'entre eux.
Mercredi, le MLC avait regagné l'hémicycle après avoir reçu des assurances du chef de l'Etat "sur son implication personnelle" pour "garantir le bon fonctionnement du régime démocratique" en RDC.
La veille, les Chrétiens démocrates avaient regagné l'Assemblée, tandis que l'ODR affirmait attendre la rencontre avec le chef de l'Etat avant de prendre une décision.
Samedi dernier, le MLC avait été autorisé à réintégrer le siège de son mouvement, totalement mis à sac, près d'un mois après les violents combats entre l'armée régulière et la garde de M. Bemba, actuellement soigné au Portugal.
Le siège du MLC, comme celui des médias de M. Bemba, ont été occupés pendant trois semaines par la garde présidentielle, après les violences de mars qui ont fait entre 200 et 500 morts dans la capitale, selon des sources diplomatiques.