Fally Ipupa, phénomène ou feu de paille
On sait d’où vient ce jeune homme, mais personne ne peut dire avec précision où et jusqu’où ira-t-il. Il a apporté quelque chose qui a même obligé Koffi Olomide de « modifier sensiblement sa musique ».
On peut ne pas aimer Fally Ipupa mais, on ne peut l’ignorer. Aujourd’hui, c’est lui qui domine dans l’actualité musicale. On sait d’où vient ce jeune homme, mais personne ne peut dire avec précision où et jusqu’où ira-t-il.
Son histoire commence avec Quartier Latin. Il se fait remarquer par une certaine façon de chanter, jouant avec sa voix. Fally Ipupa oblige même son patron à le suivre sur cette voie. Désormais il n’y avait plus un album de Quartier Latin sans la marque de ce jeune homme.
Koffi Olomide est tellement talentueux et intelligent pour adopter ce jeune homme. On dirait que le patron de Quartier Latin adore son poulain. Les mélomanes le remarquent et ne se l’expliquent pas.
Commencent alors les rumeurs les plus folles allant dans tous les sens. On va même à dire que si ce n’était pas son beau-frère, il serait « sa femme ». Ignominie.
La vérité c’est qu’entre Fally et Koffi, il y avait quelque chose de très fort. Jamais le patron de Quartier Latin n’avait convolé en juste noces avec un musicien comme il l’a fait avec Fally.
Il y a eu certes les cas Suzuki et Depitcho, mais la fin a démontré que Koffi Olomide ne comptait pas autant sur eux comme il l’a fait avec Fally lpupa.
Koffi Olomide savait également que sevré du Quartier Latin, Suzuki, Depitcho, voire Ferre ne pouvaient pas mieux que sous sa protection artistique.
Car, en effet, tous les autres artistes cités ici ont apporté seulement leur voix qu’ils ont mise au service du génie artistique de Koffi. Tel n’est pas le cas de Fally qui a apporté plus qu’il n’a reçu, sinon l’encadrement. L’homme de e »Droit Chemin » a appris dans les sillages de Olomide. Les rouages de la production et la technique de gestion d’un orchestre.
Mais où va-t-il ?
Fally Ipupa a mis tout le monde d’accord. Son premier album est plus qu’un succès. C’est un record. A peine une année de carrière avec son groupe, Fally Ipupa a affronté le public de l’Olympia. On peut dire avec raison qu’il a banalisé l’Olympia.
Car, hier, pour s’y produire, il fallait traîner derrière soi une longue carrière et un long succès. D’aucuns pensent que Fally Ipupa n’ira pas loin. Pour justifier le pessimisme, on se base sur le caractère inattendu de son succès. Lorsque les mélomanes ne saisissent pas les méandres d’un succès précoces, ils l’attribuent au mystique, donc au diable.
Il semble que les oeuvres de Satan sont par nature éphémères. Pour s’en convaincre on cite le cas Langa-Langa Stars, Familia Dei, Les Marquis de Maison Mère, Djo Nolo et son ensemble, Swede-Swede, Bana Odéon…
Les exemples sont légion. Fally dépassera-t-il le cap de deux albums. La question mérite d’être posée, mais personne n’a le droit de penser que l’histoire se répètera. Il y a des raisons artistiques pour y croire.
Un talent réel
Fally est jeune, mais il n’est pas un nouveau venu dans la musique. Comme démontré plus haut, il n’a pas été un simple parvenu obéissant aux faits et gestes de Koffi Olomide. Il a apporté quelque chose dans Quartier Latin qui a même obligé Koffi Olomide de modifier sensiblement sa musique. Fally est en plus un gars très intelligent, aussi intelligent que Koffi.
Il a attendu son temps et bondir au bon moment. C’est pratiquement de la même manière que Koffi Olomide s’est affranchi de Papa Wemba…